Après l’indépendance, la Tunisie avait besoin d’hommes d’affaires pour aider l’Etat à bâtir la Tunisie libre et indépendante, et elle les a trouvés. Des nationalistes qui ont tout fait pour lancer l’économie tunisienne et réaliser des taux de croissance spectaculaire. Aujourd’hui, après les événements du 14 janvier, un appel a été lancé pour la relance de l’économie tunisienne et ce sont, entre autres, les enfants de ceux qui ont bâti la Tunisie à l’aube de l’indépendance qui leur succèdent aujourd’hui et réussissent avec brio le managériat de leurs affaires.

À la proclamation de l’indépendance en 1956, le pays a hérité des nombreuses années de colonisation des terres agricoles moins productives, une infrastructure portuaire moins développée, un marché intérieur étriqué, une épargne faible et écornée par l’émigration des populations d’origine européenne et relations avec les milieux d’affaires français réduits, un chômage élevé et un équipement industriel embryonnaire. Pour ces raisons, Habib Bourguiba a procédé à la libéralisation de l’économie nationale du contrôle français qui avait favorisé l’agriculture et l’extraction minérale, mais avait, en grande partie, négligé l’industrie, la Tunisie étant alors le pays le moins industrialisé du Maghreb. Il a opté pour le choix d’accroissement de l’investissement privé afin de créer un choc structurel sur le chemin de la croissance et de réduire le taux de chômage qui est un autre défi important à relever pour la Tunisie. Pour attirer les investisseurs privés, la Tunisie a mis en place une batterie de réformes visant à favoriser la création des entreprises tunisiennes.

Des hommes d’affaires tunisiens qui avaient le courage et la fibre nationale pour soutenir la lancée de l’économie tunisienne et ont profité des réformes de l’ère Bourguiba avec la libéralisation de l’économie et de l’initiative privée, de vrais empires,  se sont constitués après des efforts réels et du travail. Durant la décennie des années 1970, la Tunisie connaît une expansion du secteur privé et un développement rapide de l’emploi manufacturier, encouragé par la prolongation et l’élargissement de l’accord avec la CEE grâce au commissaire Claude Cheysson. Le pays enregistre ainsi une croissance moyenne de 8,4 % par an et voit quadrupler le revenu par habitant qui passe de 314 à 1 351 dollars. Un effort de création d’emplois et d’entreprises a été remarqué notamment dans les années 80 et 90; des efforts qui ne se sont pas arrêtés parce que l’ère des managers successeurs est arrivée.

Le secteur privé est aujourd’hui doté d’infrastructures qui se développent et reposent sur des projections économiques rigoureuses.

Aujourd’hui, l’économie de la Tunisie n’est plus sous contrôle strict de l’État. Elle est principalement libéralisée.

Le Gouvernement contrôle toujours certains domaines “stratégiques” de l’économie (finances, hydrocarbures, aviation, énergie électrique, distribution de gaz ainsi que les ressources en eau) mais le secteur privé commence à jouer un rôle de plus en plus important. Le secteur privé est le moteur principal de la croissance. Le développement du secteur privé est donc une condition essentielle de l’accélération du rythme de la croissance. Cela dit, la façon dont s’opère ce développement influe largement aussi sur les modalités de la croissance, notamment la largeur de son assise et la mesure dans laquelle elle associe les pauvres. Les gouvernements des pays en développement ont en conséquence tout intérêt à oeuvrer à la mise en place d’un environnement stratégique et institutionnel qui permette au secteur privé de prospérer et d’être un vecteur efficace de croissance pro-pauvres. Il faut pour cela tenir compte des besoins aussi bien d’une multitude d’entreprises informelles, d’exploitations agricoles familiales et de travailleurs indépendants que des grandes entreprises du secteur formel, et aussi reconnaître et maximiser la contribution des uns comme des autres.

La Tunisie a concentré ses efforts pour le développement du secteur privé dans une optique de lutte contre la pauvreté et le chômage pour continuer le parcours les hommes d’affaires qui ont bâti le secteur privé en Tunisie et ont harmonieusement passé le flambeau à leurs enfants.

 

Les fils Mabrouk

 

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En 1958, Ali Mabrouk, le père des trois Mabrouk (Mohamed Ali, Ismaïl et Marouane) a lancé la Société tunisienne de biscuiterie. À la fin des années 1960, il investit dans la promotion immobilière, notamment avec la Compagnie de promotion immobilière et touristique, puis, à partir des années 1980, dans le secteur agroalimentaire avec la Société tunisienne de chocolaterie et de confiserie ou les Industries alimentaires de Tunisie. À la fin des années 1990, le groupe se lance dans les nouvelles technologies, avec Planet Tunisie, et prend le contrôle d’une filiale de la Société tunisienne de banque spécialisée dans la concession automobile.

Dans le domaine des services, il rachète successivement les chaînes Monoprix en 1999, Touta en 2003 et lance, avec le groupe français Casino un hypermarché en 2005. Cette même année, il entre au capital de la Banque internationale arabe de Tunisie.

Mohamed Ali, Ismaïl et Marouane Mabrouk, âgés chacun d’une quarantaine d’années, sont aujourd’hui à la tête d’un groupe qui emploie 9000 personnes. Dans la distribution alimentaire, le groupe contrôle la SNMVT-Monoprix et les hypermarchés Géant. Dans la distribution automobile, les Mabrouk possèdent les concessionnaires Le Moteur et Italcar. Enfin, ils sont présents dans l’industrie avec les sociétés de biscuiterie Sotubi et Sotuchoc, qu’ils ont héritées de leur père. Le groupe est également le premier actionnaire de la BIAT, une banque privée. Ils ont également investi dans le domaine de la télécommunication quand Marouane Mabrouk a pu racheter la troisième licence de téléphonie fixe et mobile en Tunisie, Orange. Dans le domaine de la biscuiterie, les frères Mabrouk ont créé avec Danone une joint-venture en Algérie.

Avec le rachat de deux hôtels, Continental et Parc Plage, la famille Mabrouk marque son intention de renforcer ses positions dans le tourisme, secteur phare de l’économie tunisienne.

En 2011, le groupe Mabrouk a consolidé sa force commerciale avec la création de trois sociétés d’import-export (MENA Food Trading Sarl, Atlas Export MENA Sarl, et MENA Export Sarl), spécialisées dans les produits de grande distribution, notamment alimentaires.

Le groupe est également présent dans le capital d’une cinquantaine de sociétés grâce à la société Maghreb Invest.

Les trois frères : Mohamed Ali, Ismaïl et Marwane Mabrouk, ont su faire fructifier l’héritage industriel transmis par leur père, feu Ali Mabrouk.

 

 

Les frères Loukil

 

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Le groupe Loukil constitue une success story qui a démarré dans un garage de véhicules d’occasion où sont commercialisés des tracteurs Kubota puis Kawasaki. Le groupe se développe en 1981 avec une usine de matériel agricole installée à Sfax et qui diversifie progressivement sa production (mas d’éolienne, pylônes pour les réseaux télécoms, bennes, remorques, etc.). Le groupe est aujourd’hui présent dans divers domaines, de la vente d’automobiles à l’immobilier en passant par l’industrie et le commerce. Il est implanté dans treize pays africains, en France et, via des coentreprises, au Moyen-Orient.

Le groupe distribue en Tunisie les automobiles Mazda (Economic Auto) et Citroën (Aurès), des produits Panasonic ou des ordinateurs Acer. Une bonne partie des salariés travaille dans les usines de Sfax, Sousse et Menzel Bourguiba sur des superstructures industrielles, des transformateurs électriques ou des articles en inox. Le groupe emploie près de 4000 collaborateurs.

 

M. Mohamed LOUKIL, fondateur du groupe, est  aujourd’hui secondé par ses fils, Bassem et Walid.

Bassem Loukil est le président directeur général du Groupe Loukil. Après avoir obtenu son bac en 1984 au lycée Père Blanc, il a décidé de partir aux Etats-Unis pour poursuivre ses études à  la Georgia State University où il obtient un bachelor d’informatique et un MBA en finance internationale qu’il a complété par un Ph.D en Industrial Management.

Après une expérience au sein du géant américain Coca-Cola, il finit par rentrer en Tunisie en 1992 pour prendre la succession de son père, M. Mohamed Loukil, à la tête du groupe familial.

Walid Loukil il a fait son entrée dans l’entreprise en 1998, il co-pilote aujourd’hui l’empire familial avec son frère Bassem. Chacun d’eux joue sa partition. « Walid, c’est l’ambassadeur, tandis que l’aîné est plutôt chargé de monter au front si besoin est. Mais pour toutes les décisions stratégiques, les deux se soumettent à l’approbation de Mohamed, leur père. » selon un article paru dans « Jeune Afrique » en 2012.

Mohamed Frikha

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A l’influence de son père, chef d’entreprise, c’est ce dernier qui le convainc de monter sa propre affaire. Cette affaire verra le jour en 1994 sous le nom de TelNet. Entreprise totalement exportatrice, elle opère dans les domaines des multimédia et télécoms, l’avionique et défense, l’électronique automobile, la sécurité et les cartes à puces. A l’appui de ses trois sites (Ennour, El Ghazala, Sfax) et un en France (TelNet Consulting pour le développement d’affaires), le groupe (qui aligne PLM Systems, Data Box, TelNet Technologies et INC pour le développement d’entreprises), s’est constitué un portefeuille partenaires assez prestigieux : Sagem, Valeo, Thompson, Dassault et autres. Cette décision de monter son propre projet est venu après avoir acquis une expérience de quatre années à la tête du Centre de développement de logiciels chez Alcatel Tunisie.

Rappelons que Mohamed Frikha, né en 1963, n’est pas seulement le patron de TelNet. Il est membre de la Commission de veille technologique du ministère des Technologies de la Communication, du Comité d’experts pour l’étude stratégique sur les technologies en Tunisie, et membre de réflexion (évidemment) sur Internet de Tunisie Télécoms.

En 2011, le PDG du Groupe Telnet lance la compagnie aérienne Syphax Airlines qui a opté pour son lancement pour une flotte de deux Airbus A319 commandés pour un montant global de 55 millions de dollars (82,5 millions de dinars) aménagés en plusieurs classes, d’une capacité de 150 sièges chacun, baptisés « Karama » et « Horria », en référence à la révolution qui a marqué les Tunisiens pendant l’année 2011. D’autres appareils renforceront la flotte à partir de la quatrième année d’exercice et selon le développement des activités de la compagnie et suite à l’ouverture du ciel tunisien à la concurrence internationale. La volonté et le courage créent des miracles, l’argent aussi.

Fadhel Abdelkefi

 

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Fadhel Abdelkefi marche sur les traces de son père à pas persistants et tient le cap de l’intégration maghrébine.

Diplômé de la faculté des sciences économiques de Paris-I, Fadhel Abdelkefi a, depuis 1994, grimpé tous les échelons de Tunisie Valeurs, dont il a pris les rênes en 2005. Il est également à la tête d’Integra Partners, leader de la Bourse et du capital-investissement. Centré sur la Tunisie, Integra s’est installé au Maroc et en Algérie. Au sud du Sahara, pour l’instant, le groupe a noué des liens forts avec plusieurs intermédiaires boursiers et gestionnaires d’actifs, de la Société ouest-africaine de gestion d’actifs (Soaga, au Bénin) à CGF Bourse (Sénégal), en passant par Ecobank Development Corporation (Côte d’Ivoire) et la Société burkinabé d’intermédiation financière (SBIF). Dans le domaine du capital-risque, un secteur dans lequel Tuninvest et sa petite soeur Africinvest disposent d’une solide expérience (les deux sociétés ont investi dans une centaine d’entreprises et se sont retirées de la moitié d’entre elles), le groupe est allé encore plus loin et dispose désormais de bureaux jusqu’à Nairobi.

 

Mohamed Hechmi Djilani

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Mohamed Hechmi Djilani, né le 24 juillet 1976, fils de l’ex-patron des patrons Hedi Djilani, devient, aujourd’hui, lui-même, un entrepreneur reconnu.  À sa sortie des HEC en 1999, Mohamed Hechmi Djilani est retourné en Tunisie, où il a d’abord effectué un stage chez Merrill Lynch. En 2000, il crée Investment Trust Tunisia, puis Hannibal Lease (finance) en 2001.

Il a, également, été nommé directeur général-adjoint de Confection Ras Jebel, par le conseil d’administration de la société, lors de sa réunion du 3 décembre 2008.

Le groupe Djilani avait réussi en 2011 à créer 1000 emplois et 300 autres en 2012, en plus de l’exportation de 99% de la production.

Djilani fils assure bien la pérennité du groupe.

« Hannibal Lease » est aujourd’hui, l’une des sept plus importantes sociétés de leasing cotées en Bourse. Elle  a été créée en juillet 2001 par un groupe d’investisseurs privés. Le capital social actuel s’élève actuellement à 28,7MDT. Le groupe Djilani est l’actionnaire de référence avec une part de 40,2%, talonné par le groupe Kipco, avec une participation de 13,9%.

Hannibal Lease occupe la cinquième place en termes de mise en force avec une part de marché de 12%. Une belle performance à signaler surtout que Hannibal lease n’est pas affiliée à une banque.

 

Karim Miled

 

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Le groupe TTS n’est pas resté orphelin après le départ du Feu Aziz Miled, c’est vrai que l’héritage est assez lourd. Aziz Miled a fondé l’un des plus puissants groupes de tourisme et de loisirs en Tunisie et au Maghreb. Il a également lancé Nouvel Air, la première compagnie charter de la région. Il a investi dans une société d’emballage, puis dans une société d’informatique concessionnaire des marques IBM et HP. Le groupe acquiert aussi des participations financières dans des sociétés de leasing et plusieurs banques.

Sous la direction de Karim, TTS a créé spécialement pour les clients individuels, sa nouvelle agence de voyage en ligne www.ttsbooking.tn, une interface riche et développée qui vous ouvre les portes de la Tunisie et du monde entier. T.T.S Booking s’adosse à une expertise du groupe TTS dans l’Hôtellerie, le Transport Aérien et la gestion des groupes. A rappeler que le groupe traite 600.000 clients environ par an. TTS dispose également d’une logistique d’assistance à travers ses succursales dans les principales stations touristiques tunisiennes. Elle est représentée dans tous les aéroports du pays.

Frères Slama

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Ghassen et Chiheb Slama fils du leader de l’agroalimentaire Ali Slama, aujourd’hui à la tête d’un groupe de sociétés dont l’activité va du raffinage des huiles végétales à la fabrication du beurre et de la margarine, en passant par la bureautique et l’informatique, la promotion immobilière, les biens d’équipements ou encore le commerce international.

Le groupe Slama investit également dans la distribution des télécom.

Le groupe SLAMA FRÈRES se situe dans la région de Oued Ellil gouvernorat de Manouba à 11km de Tunis Ville, une entreprise qui été créée depuis 1972 par les fondateurs : Mr Mohamed Slama, Mr Ali Slama, Mr Abdelhakim Slama.

Les produits de Slama frères sont commercialisés dans plusieurs pays à savoir : les pays du Nord Afrique tels que la Libye, l’Algérie, et les pays du Moyen Orient tel que l’Arabie saoudite, la Jordanie, et le Liban avec les marque de Slama frères.

Chiheb Slama, diplômé de l’Université de Montréal en Finance et Marketing, en 1993, est le Directeur général de Slama Huiles et MIB Tunisie, depuis plus de dix.

 

Azza Ben Chagra