Sans titre-1

 

Il est des histoires, comme celle là, qui pourraient nous rappeler des scénarios sortis tout droit des maisons de production de Hollywood. De grandes épopées  retracent l’histoire de l’empire de certaines familles qui ont fait fortune dans des domaines variés, mais dont la trame reste la même : un richissime patriarche ayant fait fortune est appelé à léguer son patrimoine à sa descendance qui est chargée de garder, de préserver et de veiller aux biens de la famille. La fratrie héritière a alors pour mission principale de faire prospérer les avoirs de la dynastie ,de génération en génération. Loin des studios, des familles, comme celle là ,existent partout dans le monde, et la Tunisie n’en fait pas exception. Dans la foulée, on peut citer l’une d’elles, le clan MABROUK , adulé hier et honni depuis les événements du 14 janvier par une certaine catégorie de la population. Leur crime : avoir fait prospérer l’héritage familial ; ou alors pour ce qui en est de Marouane , avoir été le gendre du président déchu. 

Jusque-là très discrète, c’est cette alliance avec l’ex-famille présidentielle qui semble avoir été l’union fatidique pour ce clan, dont le patriarche Ali Mabrouk a su bâtir une fondation solide pour que l’empire puisse résister à tous les défis auxquels il pourrait faire face. Ayant quitté malheureusement ce monde très tôt, il a su transmettre à ses trois fils, alors jeunes diplômés universitaires, les valeurs nécessaires qui leur permettent de faire pérenniser l’héritage familial, avec tact, mais surtout avec beaucoup de discipline. Auréolé par un parcours universitaire assez pointu, solidaire les uns avec les autres, ils ont eu la sagesse de se faire guider en s’alliant les services  du manager polytechnicien Mohsen ZRELLI issu du secteur public. Des usines de fabrication de biscuits, de chocolat, et de l’entreprise immobilière dont ils ont hérité de leur père, ils en  ont fait un empire.

Au départ, une histoire de deux familles 

A l’origine, c’est l’histoire de la rencontre de deux familles, les BEN ROMDHANE et les MABROUK. Sous le protectorat, la famille BEN ROMDHANE était la famille la plus riche de Tunisie et détenait le monopole de l’électricité et du transport, et de très grands propriétés  terriennes. Les  MABROUK, ont fait épouser l’un des leurs à Sitel El kol Ben -Romdhane qui fut une légende du côté du Sahel. Elle était la fille d’un grand dignitaire, et aussi  président du grand conseil des notables de Tunisie. Après l’indépendance, les Ben Romdhane ont un grand différent avec BOURGUIBA. Sitelkol a eu trois enfants, Ali, Boubaker et Ridha :Ali fut juriste de formation et camarade et ami intime de Bourguiba Junior, Boubaker, grand financier, a été pendant plus de trois décennies président directeur général de la banque de Tunisie, et Ridha un grand ophtalmologue dont la fille n’est autre que Selma Mabrouk, femme politique tunisienne, membre de l’Assemblée constituante, représentante de la circonscription de Ben Arous pour le compte du parti Almassar. En hommage à leur      grande-mère, la fondation « Nour wa baraka » décerne chaque année des prix à des écoliers dont la tranche d’âge varie entre douze et dix-huit ans. Cet événement est organisé en partenariat avec l’Association tunisienne d’éducation artistique. Le dernier événement du genre s’est déroulé il y a quelques jours au musée de l’éducation, pour primer les jeunes qui savent mettre ne valeur et préserver les fonctions rituelles (sensibilisation à la protection de la vue par exemple) par le biais du dessin.

Des bâtisseurs qui ne reculent devant rien

Les trois mousquetaires Marouane, Mohamed Ali et Ismail, issus du mariage d’Ali Mabrouk avec une fille issue d’une grande famille de grands propriétaires terriens du nord-ouest ont donc pour mission l’expansion du groupe après le décès de leur père Ali. Pour cela, ils ont misé sur le plus précieux capital que l’on peut avoir, le capital humain, sans hésiter à faire recours à l’expertise et sans chicaner sur les moyens que cela demande. La mission principale qu’il se sont auto-assigné,, est l’expansion de l’héritage de leur père. Ils pensent à l’extension à l’échelle internationale. L’Algérie a été  la première destination ou le groupe tunisien allait s’installer. L’union d’Ismail avec la fille du propriétaire du Groupe Hamiani (tête pensante et politique du patronat algérien) a facilité les choses de ce côté. Ces bourlingueurs des affaires ne reculent devant rien quand une idée leur passe dans la tête, même en temps de crise. L’on retiendra que c’est en pleine guerre civile qu’Ismail a entamé les premières démarches pour s’implanter en Algérie, scénario quasi identique pour l’implantation en Libye. En Tunisie également, la multiplication des points de vente Monoprix après les événements du 14 janvier suffit à elle seule pour témoigner de l’abnégation des Mabrouk à bâtir contre vents et marées.

De fines lettrées autours des Mabrouks

La Tribu des Mabrouks s’ est illustrée par une présence dans la sphère littéraire  tunisienne .en premier lieu Alia Beji épouse de l’oncle Boubaker Mabrouk mais aussi tante Ammar et nièce de Wassila Ben Ammar épouse du président Bourguiba .Hela est la femme de l’oncle maternel des fréres Mabrouks .Agrégée de lettres française Héla s’est illustrée par « le cercle » littéraire qu’a crée dans l’enceinte de la maison Ben Ammar à Bab Djedid. La saga de Alia Beji Mabrouk Sur  Le prestigieux hebdomadaire français à réservé une place bien apparente à la présentation de la saga de Alia Beji dans son édition du 09 mai 2011. en voici un extrait.

SPÉCIAL TUNISIE. Dans « Le soupir des vaincus », la romancière fait ressurgir l’histoire tumultueuse mais oubliée de son pays. Sanglant !

Elle a publié son premier roman à 42 ans. Depuis elle enchaîne les récits historiques. Son héros principal est toujours la Tunisie. Dans son dernier livre, on dirait qu’elle a eu une prémonition de ce qui allait être la « révolution du jasmin ». Elle raconte comment, au XIXe siècle, l’entourage du bey de Tunis a mené le pays à la banqueroute. Puis au protectorat. Nous l’avons ¬rencontrée. Elle parle de la Tunisie actuelle… et éternelle.

Alia Mabrouk. Je n’aime pas qu’on nous présente comme un peuple arabe. C’est bien trop réducteur. Je suis tunisienne et maghrébine mais aussi normande, romaine, carthaginoise, -espagnole ou française. Tant de peuples ont prospéré chez nous et laissé leur marque. Nous étions numides, berbères et riches. Quand les Arabes sont arrivés, au VIIe siècle, ils ont eu l’impression de découvrir le paradis. De Tripoli à Tunis, disent leurs récits, ils ont marché à l’ombre des arbres. Mais ils ne nous ont pas apporté que la lumière.