Sfax…des leaders naviguent dans une eau trouble

Fin d’un règne ou crise passagère ?

 

Bassem Loukil

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Bassem Loukil, fils de Mohamed Loukil est un jeune diplômé des écoles américaines. Il a réussi, fin des années 90, à révolutionner et à moderniser l’entreprise familiale.

C’est l’un des rares groupes familiaux qui a su cloisonner les activités de ses entreprises et apporter un nouveau mode de gouvernance.

Il a réussi deux grandes opérations phares en venant à bout des mastodontes de l’époque et en arrachant deux entreprises qui seront le porte-drapeau du groupe.

Il a convaincu la famille Krifa à lui céder la représentation de la marque CITROEN en Tunisie et, dans un deuxième temps, il a bataillé dur pour convaincre la partie française de continuer la représentation de la marque.

Après les événements du 14 janvier 2011, le groupe a continué sur sa lancée sans faire paraitre aucun signe de faiblesse. Mais malheureusement les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

Des informations inquiétantes nous sont parvenues quant à l’avenir de ce groupe. Il semble même qu’on est arrivé au stade où les banques lui lancent des préavis ou carrément lui refusent le paiement de chèques de gros montants.

L’espoir est que ce groupe retrouve vite le chemin du succès et de la réussite et qu’il nous rappelle les promesses telles que réalisées avec l’Irak lors de la guerre du Golfe.

Durant l’année 2018, Bassem Loukil a multiplié les annonces et les actions publicitaires entre le lancement d’une usine de construction automobile FOTON (marque chinoise) et le lancement du Conseil d’affaires «  Tunisia-Libya Business Council » et sa sponsorisation d’athlètes.

Ses apparitions publiques se multiplient et sa stratégie de communication fait un virage de cent quatre-vingts degrés.

 

 

Fethi Hachicha

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Le deuxième leader qui a toujours été au cœur des rumeurs et des chroniques, c’est Fethi Hachicha, largement attaqué par notre confrère « L’Audace » au lendemain des évènements du 14 janvier. Très proche du cercle Trabelsi et Ben Ali, M.Hachicha a su malgré les critiques faire le sous-marin, laisser la tempête passer, éviter les démêlés avec la justice pour que peu de temps après, il se donne une nouvelle image, importe de nouvelles cartes et retrouve sa place de leader en matière de montage et commercialisation d’électroménager.

Mais il semble que les vents commencent à tourner et que les banques et autres institutions financières commencent à lui retirer leur confiance.

L’année 2017 a été, à plus d’un titre, une année difficile pour la société    Electro star. L’entreprise dirigée par Fathi Hachicha a annoncé avoir réalisé au cours de l’exercice 2017 un chiffre d’affaires de 54,1 millions de dinars, en baisse de 36% par rapport à 2016.

Cette baisse, précise la société, s’explique par la stratégie adoptée par la direction générale consistant à sécuriser ses ventes et maîtriser son risque client.

Sur le plan des investissements, la société n’a réalisé que des investissements de maintien pour la somme de 357 mille dinars alors qu’en 2016 la société a investi plus de 8,2 millions de dinars.

Aux dernières nouvelles, les fournisseurs et partenaires de l’entreprise ne cachent plus leur colère et des jours difficiles attendent Fethi Hachicha, habitué à naviguer contre vents et marées.

Dans son statut sur facebook, l’homme d’affaires Chafik Jarraya avait accusé la famille Hachicha d’avoir supporté financièrement un parti politique proche de l’ancien régime.

Chassé de la fédération de rugby, M. Hachicha a pu rejoindre la fédération d’athlétisme où il a essayé de s’approcher davantage de la sphère régnante du pays.

 

Lotfi Abdennadheur

 

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Il est resté inconnu du grand public jusqu’en 1996 où il a été appelé par on ne sait par quel miracle à veiller aux destinées du Club Sportif Sfaxien.

Qualifié d’hyper chanceux par certains, et vieux loup par d’autres, il a réussi avec son équipe un parcours sportif plus qu’honorable.

C’est ce qui lui a valu le respect du cercle des affaires en Tunisie.

Ainsi, les grandes portes lui furent ouvertes sans gêne et il a été reçu à bras ouverts par les hauts dirigeants politiques du pays, chose qu’il a su exploiter à fond malgré son niveau scolaire primaire.

Ses activités oscillent entre succès, difficultés et ratages.

Dans le cadre du scandale de la BFT, le député du mouvement Al Harak, Imed Daïmi, a accusé les deux hommes d’affaires Kamel Letaïef et Lotfi Abdennadheur, de n’avoir pas remboursé des prêts contractés auprès de la Banque Franco Tunisienne.

Le groupe Abdennadheur a publié un communiqué ambigu pour expliquer qu’il a contracté des prêts auprès de la BFT, mais qu’il a rigoureusement respecté la loi en vigueur en matière de garanties et de délais de remboursement. Il a ajouté que toutes ses transactions avec cette banque, et avec toutes les banques ont toujours bénéficié de la transparence requise.

Faut-il rappeler que  » Somosan », l’unité de fabrication d’équipements sanitaires, lancée en 2012 par le groupe, est sous plan de restructuration, prévoyant notamment le rééchelonnement des dettes bancaires et la compression des charges d’exploitation, un arrangement qui tarde à voir le jour.

Après les événements du 14 janvier, M. Abdennadheur a été interdit de voyage pour quelques mois, avant d’être acquitté. La reprise fut dure et les séquelles furent si profondes que surmonter ces difficultés serait du domaine du miracle. Mais miracle est un mot qui n’existe pas dans le dictionnaire de Abdennadheur.

A.B.H